L’affaire s’est vite ébruitée sur les réseaux sociaux. Le sujet d’une des épreuves du concours Ecricome, qui donne accès à cinq écoles de commerce (à Rouen, Bordeaux, Reims, Marseille et Nancy) a été mis en ligne en tant qu’exemple type… quatre mois avant la date du concours, qui se tenait samedi 20 avril. L’organisation a entériné l’épreuve.

Après deux jours d’hésitation, les organisateurs ont décidé de valider l’épreuve. Dans un mail adressé aux quelques 1200 inscrits dans l’après-midi, ils se justifient. « Ce sujet était publiquement et librement accessible sans restriction, sur le site des annales Ecricome par l’ensemble des candidats avant l’épreuve, le principe d’égalité entre les candidats n’est donc pas remis en cause. »
Furieux, les candidats floués se sont répandus en messages de protestation sur la page facebook du concours. L’un d’eux, Damien, 21 ans, estime que la colère des postulants est juste. Pour cet étudiant en comptabilité-gestion, « les organisateurs se déresponsabilisent. Nous sommes déçus d’avoir payé si cher (au moins 300 euros en fonction des écoles choisies, nldr) ». Et d’ajouter :« J’ai parlé à des étudiants en Erasmus qui ont du se déplacer, pour rien… »
« Nous sommes dégoûtés »
Une décision injuste, d’autant qu‘ »il était tout à fait possible d’annuler l’épreuve ou au moins de baisser les coefficients ». Damien explique que cet exercice était organisé pour la première fois. « Tout le monde est certes allé voir cet exemple au moins une fois, mais ceux qui sont en école préparatoire privée ont eu tout le temps pour l’étudier. Quand on sait qu’un sujet est en ligne, qu’il est le seul exemple disponible, on suppose qu’il ne tombera pas le jour J. Nous sommes dégoûtés. » Un désavantage qui peut s’avérer fatal pour une épreuve qui ne dure que trois heures et au cours de laquelle il faut écrire 1250 mots.
Jean Morizot et Alice Moreno